La Digitale pourpre (Digitalis purpurea)

Au mois de juin, de nombreuses fleurs sauvages colorent nos paysages et nos jardins. S’il y en a une qui attire souvent le regard, c’est bien la Digitale pourpre. Des explications sur cette plante que l'on croise souvent aux bords des chemins, et que l'on connait autant pour sa beauté que pour sa toxicité !

Qui n’a jamais remarqué ces grandes grappes de fleurs purpurines sur un bord de chemin ? 

La Digitale est une plante bisannuelle de la famille des Scrofulariacées qui fleurit de juin à septembre. Elle peut mesurer de 0,50 m à 2 m de hauteur en fonction des conditions environnementales dans lesquelles elle évolue. Sa tige est généralement unique et ses fleurs tachetées sont toutes tournées du côté de la lumière. La première année, la plante produit seulement une rosette de feuille, elle érige son épi floral à partir de la deuxième année. 

Digitale provient du latin digitalis qui signifie doigt. Ce parallèle est lié au fait que l’on peut facilement glisser son doigt à l’intérieur de la fleur. Elle possède d’ailleurs différents noms locaux faisant référence à cette particularité : Gants de Notre-Dame, Gantière, Gants de bergère, …

En Vendée, on l’appelait autrefois la Pétrole ou Péterolle. Ce nom original trouve son explication dans le fait qu’un jeu d’enfant consistait à faire « péter » la fleur : d’une main on la bouche par écrasement léger puis on la projette sur l’autre main ce qui produit un petit bruit de « péterolle ». On trouve encore aujourd’hui des parcelles agricoles, appelées par exemple : « le champ des péterolles ».

Regarder oui, mais pas de trop près ! 

La Digitale pourpre est une plante particulièrement toxique qui produit un poison extrêmement puissant : la digitaline, également appelé glycoside cardiotonique. Toutes les parties de la plante sont toxiques : la tige, la feuille et la fleur. Ce poison agit sur le rythme cardiaque et le système nerveux et peut être mortel. Au fil des siècles, l’homme a élaboré des dispositifs souvent ingénieux pour éliminer ses adversaires. L’un d’entre eux, la flèche empoisonnée, s’est particulièrement répandu sur l’ensemble du globe. La Digitale pourpre a longtemps fait partie des plantes utilisées pour empoisonner les flèches entrainant une mort certaine même par simple égratignure.

Cependant, à des doses infimes, la matière active extraite de la digitale peut être utilisée en médecine, c’est notamment le cas dans le traitement des problèmes cardiaques comme la tachycardie ou l’arythmie. L’utilisation de la digitaline en médecine est donc aujourd’hui largement répandue.

Parmi les nombreux symptômes liés à une trop forte ingestion de digitaline, la perturbation de la vision des couleurs est caractéristique, avec le plus souvent une vision en vert et jaune. L’histoire raconte que Vincent Van Gogh aurait souffert d’un empoisonnement à la digitaline ce qui expliquerait l’originalité des couleurs retrouvées dans ses peintures.

Mais aucune vérification scientifique n’a été faite ! 

 

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