La nature ... de nuit

En cette période où les possibilités de déplacement nous offrent le temps d’explorer notre environnement proche, nous vous proposons une petite virée, à la découverte de la vie nocturne de trois espèces que l'on peut apercevoir à la nuit tombée.  

Le repos du hérisson

Sitôt les derniers rayons du soleil passés derrière l’horizon, les bruits de la journée s’estompent pour laisser le champ libre à une faune bien plus discrète. Dès le pas de la porte, peut-être, aurez-vous la surprise de rencontrer un hérisson. Ces derniers jours, à la faveur du beau temps, il était possible d’en observer à la recherche de quelques limaces et escargots qui traînent. La cerise sur le gâteau avant le grand repos hivernal ! Discrètement et sans l’approcher, vous pourrez vous amuser à le suivre à distance et constater que pour son gabarit, ce petit mammifère marche plutôt d’un bon pas. Si un hérisson est présent dans votre jardin et que les abris manquent, il est encore possible de lui proposer un endroit pour sa période d’hibernation qui va débuter : conservez de côté un peu de foin et de feuilles mortes prévues pour le paillage du jardin et installez-les au pied d’une haie, dans un coin du jardin sous une cagette ou veilles tuiles. Et pourquoi pas, réservez un coin du tas de bois que vous n’utiliserez plus pour aménager un accès sous celui-ci. Il pourra même servir au printemps pour la mise-bas des petits, à condition de ne pas y toucher !
La revue La Salamandre vous donne quelques idées à réaliser en famille ici : https://www.salamandre.org/une-activite/bienvenue-herisson/




Sur les traces du blaireau



Pour ceux qui ont la chance d’avoir un boisement pas trop loin de chez eux, un autre mammifère nocturne réalise encore quelques sorties avant un demi-sommeil hivernal. Le blaireau est le plus gros représentant de la famille des Mustélidés ; famille qui comprend la Martre, la Fouine, le Vison ou encore la Loutre. Le Blaireau sort lorsqu’il fait nuit et peut être rencontré sur les sentiers dans le faisceau de la lampe. En journée, vous pouvez chercher à savoir si un ou plutôt des blaireaux habitent dans le secteur. Son terrier est, en effet généralement occupé et agrandi par un clan sur plusieurs générations et assez facile à reconnaître. Il possède une ou plusieurs ouvertures assez larges, aussi appelées « gueules », qui mène à un ensemble de galeries parfois très longues et des chambres garnies de végétaux. Devant, vous pourrez observer un mélange de terre et de pierres que l’animal aura déblayé de son terrier révèle sa présence. Autour, le sol est tassé par les passages répétés ; quelques empreintes peuvent s’observer à proximité. Les empreintes des pattes avant sont assez grandes, jusqu’à 7 cm, car ses griffes sont plus longues. L’empreinte de la patte arrière est nettement plus courte et mesure 4 cm de long environ. Si à l’occasion vous en observez ces jours, vous constaterez que sa silhouette est plus épaisse à cette saison. En novembre, le Blaireau sort moins fréquemment et a déjà constitué des réserves pour entamer une période d’activité réduite entrecoupée de phase de sommeil. Pour mieux connaître les mœurs de ce mammifère, parcourez les fameux récits et gravures d’observations de Robert Hainard dans le guide « Mammifères sauvages d’Europe » (Editions Delachaux et Niestlé).


Papillons de nuit, pas d'ennuis !


    
  Noctuelle Sphinx L'Himère plume Xanthie cannellée 


Enfin, pour une soirée, certes un peu fraiches, « cinéma de plein air », sortez un vieux drap et une lampe pour guetter quelques papillons de nuit qui s’observent en automne. Les papillons de nuit, autrement nommés Hétérocères sont un groupe qui comprend un grand nombre d’espèces, bien plus que les papillons de jour. On estime leur nombre à 5 500 espèces en France (contre 565 espèces de papillons de jour). Bien que la fin du printemps et l’été sont des saisons plus propices, les papillons de nuit sont visibles toute l’année. Ces papillons sont moins sensibles aux basses températures, car plus densément recouverts de soies qui les protègent mieux. À cette période de l’année, le nombre d’espèces visibles est donc moindre, ce qui n’est pas moins intéressant. En effet, cela vous permettra de vous familiariser doucement avec ce groupe en prenant le temps d’identifier les quelques espèces qui voudront bien se poser sur le drap. En été, leur nombre peut être compris entre 20 à 100 espèces selon la météo, ce qui rend l’identification plus longue ! La deuxième raison est que l’automne-hiver permet de voir certaines espèces qui ne s’observent au stade adulte qu’à cette période de l’année. La Noctuelle-Sphinx (Asteroscopus sphinx), la Xanthie cannellée (Agrochola lychnidis) ou encore L'Himère-plume (Colotois pennaria) sont quelques exemples d’espèces visibles en ce moment. Pour les identifier vous pouvez vous aider des galeries photos disponibles sur internet : le site internet Lépi’net ou celui d’Artemisiae - Lépidoptères de France sont bien organisés. Des guides existent aussi, la bibliographie anglaise est une bonne référence. Nul besoin de savoir lire l’anglais, seul les images comptent ! Attention, toutefois, l’identification peut être délicate car basée sur des critères peu visibles.
Côté matériel, munissez-vous d’un drap clair que vous pourrez tendre dans le jardin, d’un système d’éclairage à l’aide d’une rallonge ou d’une batterie et d’une lampe. Pour celle-ci, une ampoule classique peut convenir, une lampe UV donnera plus de résultats (attention aux yeux toutefois). Avoir un appareil photo à proximité peut se révéler pratique pour identifier les espèces sur votre écran d’ordinateur par la suite. Dans tous les cas, restez patient, ou revenez tôt le lendemain matin, car les papillons de nuit peuvent arriver tard dans la nuit ! 

 

CPIE Sèvre et Bocage

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